Des scènes de Montréal aux tournées mondiales
Bien avant de rejoindre une tournée mondiale, le fondateur Patrick Kelly était déjà un musicien accompli à Montréal, fort d’une solide carrière de guitariste d’accompagnement. Lorsqu’il a intégré cette production internationale, il a passé les treize années suivantes sur les routes en tant que guitariste. Sans technincien dédiée à ses instruments, il était entièrement responsable de l’entretien de son matériel, changeant notamment les cordes de six guitares chaque semaine.
Transformer la curiosité en démystification
Comme il disposait d’un budget dédié à l’entretien de ses guitares, il a commencé à acheter toutes les marques de cordes qu’il pouvait trouver pour voir lesquelles tenaient vraiment leurs promesses. Les cordes étaient vendues comme des boîtes de céréales : un emballage attrayant et des affirmations péremptoires promettant un son digne d’une star de la guitare. On vantait leur durabilité, leur sustain ou des alliages spéciaux censés offrir davantage de fluidité, de clarté ou de puissance. Ce qui avait commencé comme une simple curiosité s’est transformé en une véritable enquête pour démêler le vrai du faux et comprendre comment les fabricants formulaient leurs promesses. Il a consigné chaque détail et chaque mesure dans des tableurs – une approche digne d’un véritable démystificateur.
Des cours de métallurgie à de meilleurs ensembles
Pour ce faire correctement, il a utilisé un tensiomètre fabriqué sur mesure, un analyseur de spectre, un multimètre et un pied à coulisse. Sa première grande découverte est survenue lorsqu’il a représenté graphiquement les résultats : la tension d’une corde à l’autre était extrêmement irrégulière. Il s’en doutait depuis des années, et cette incohérence l’a poussé à approfondir ses recherches. En travaillant tard après les concerts, dans la fosse, il a compris que le ressenti d’un instrument à cordes ne se résumait pas au discours marketing, ce qui l’a encouragé à poursuivre ses investigations.
Mesurer ce qui compte vraiment
Patrick a suivi un cours de métallurgie et a perfectionné ses mesures. Puis, les jeux de cordes à tension progressive ont commencé à apparaître sur le marché et, avant même de les représenter graphiquement, il en a immédiatement ressenti l’amélioration. Il a analysé le concept et a demandé à des partenaires OEM de fabriquer des jeux sur mesure basés sur ses découvertes. Il a également collaboré avec des fabricants artisanaux utilisant des alliages de haute pureté afin d’explorer comment allier un toucher parfait à une sonorité supérieure.
Créer un nouveau type de magasin de cordes
Puis la pandémie a frappé. La tournée a été suspendue pendant deux ans et il est retourné à Montréal, déterminé à mettre en pratique toutes ses recherches. Il s’est rendu compte qu’une grande partie de l’industrie fonctionnait encore avec des machines d’après-guerre : d’énormes bobineuses assourdissantes à 20 000 $, optimisées pour la production de masse. C’est alors qu’il a découvert les servomoteurs sans balais. Sur un tour, il a aligné deux servomoteurs face à face sur un axe tournant à 4 000 rpm, a contacté les meilleurs fournisseurs de fil et s’est mis au bobinage. Le résultat : une machine à bobiner les cordes compacte, silencieuse. Depuis son petit atelier, il a lancé Toneline Strings en janvier 2026, tournant ainsi la page de sa vie de musicien de tournée.
Où se trouve maintenant Toneline Strings
Aujourd’hui, Patrick conçoit et emballe lui-même chaque jeu de cordes. Les cordes Toneline sont livrées dans une élégante boîte en métal et comprennent trois jeux de cordes fabriqués à partir d’alliages de haute qualité. Les premières sorties incluent des cordes à tension progressive (sensation régulière), à tension progressive (sensation plus tendue), ainsi que quatre modèles traditionnels, dont des tirants (gauges) hybrides 9‑46 et 10‑48. D’autres modèles sont en préparation, tous animés par la même mission : fabriquer des cordes qui offrent enfin le toucher et le son parfaits
La simple vérité sur les cordes
La leçon principale : si l’on fait abstraction du marketing, il ne reste que six cordes en acier, rien de magique. Les cordes 1 à 3 sont en acier trempé. Les cordes 4 à 6 le sont également : elles commencent par une âme, hexagonale ou ronde, en acier, puis sont enroulées d’un alliage métallique plus souple pour obtenir les notes graves. Cet enroulement extérieur, c’est ce que les fabricants adorent mettre en avant, mais ce n’est qu’une infime partie de ce qui détermine réellement le son d’une corde. Il influence certes la sonorité, mais pas de façon aussi spectaculaire que promis